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Visit Porto Santo

Frise69

Découverte en 1418, peuplée dès les années 1420, ravagée par les corsaires, affamée par les sécheresses : Porto Santo a traversé six siècles d'isolement avant de devenir, en 2020, Réserve de biosphère. Une histoire en dates courtes.

60 dates, de la première carte au dernier hôtel : déroulez le fil.

XIVe – XVe siècles12
  1. XIVe

    L'île sur les portulans du XIVe siècle

    Angelino Dulcert v. 1339 · Mediceo Laurenziano 1351 · Libro del conoscimiento v. 1385

    Porto Santo et l'archipel de Madère étaient connus des navigateurs et des cartographes européens dès le milieu du XIVe siècle : ils figurent sur plusieurs portulans, ces cartes nautiques dessinées pour la navigation — la carte d'Angelino Dulcert vers 1339, le Portulano Mediceo Laurenziano de 1351, le Libro del conoscimiento vers 1385. L'île n'a donc pas été découverte au sens strict : elle a été peuplée.

  2. ·

    Le premier peuplement sert d'essai

    Les Portugais s'installent ici avant tout autre territoire d'outre-mer

    Les Portugais furent les premiers à s'établir à Porto Santo, et ce peuplement — le premier d'une terre nouvelle — a servi de banc d'essai pour tous ceux qui suivirent. Le décret qui a élevé Vila Baleira au rang de ville en 1996 le formule ainsi : l'île fut « le premier découvrement portugais du XVe siècle », et donc « la première porte d'accès » de l'épopée maritime.

  3. 1370

    Avant les Portugais

    L'île figure déjà sur l'Atlas Medicis

    La mairie rappelle qu'un atlas italien d'environ 1370 mentionne Porto Santo avant l'arrivée des navigateurs portugais.

  4. 1418

    Découverte

    João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira

    Partis reconnaître la côte marocaine pour l'infant Henri, les deux capitaines sont déportés par une tempête et trouvent refuge dans une baie abritée qu'ils baptisent Porto Santo, le « port saint ». Madère est atteinte l'année suivante, en 1419.

  5. 1418

    D'où vient le nom

    Deux thèses : la tempête de Zarco, ou un abri trouvé au Moyen Âge tardif

    Les érudits ne s'accordent pas. La version populaire veut que Zarco et ses compagnons aient nommé l'île en 1418 par gratitude, y ayant trouvé refuge dans une tempête. La version documentée place la scène au Moyen Âge tardif : un navire y aurait trouvé un port sûr après une tourmente, si bien que l'île s'appelait déjà Porto Santo avant l'arrivée des Portugais. Les deux thèses s'accordent sur l'événement — un abri providentiel — et divergent sur la date et sur la nationalité des marins.

XVIe – XVIIIe siècles11
  1. 1533

    Chapelle de la Graça

    Fondée en 1533, refuge lors des raids

    Isolée sur le versant du Pico do Castelo, détruite en 1812 et reconstruite au XXe siècle, elle garde une Vierge du XVIe siècle d'atelier flamand. Sa fête, le 15 août, est l'une des plus suivies de l'île.

  2. 1566

    Corsaires français

    L'église est pillée et presque détruite

    La même année, Funchal est mis à sac pendant quinze jours par les Français de Peyrot de Monluc. Sur le Pico do Castelo, un fortin du XVIe siècle sert de refuge contre ces incursions ; sur le Pico do Facho, des feux avertissent de l'approche des navires.

  3. 1600

    Corsaires algériens

    1617 : entre 668 et 900 captifs, 18 hommes et 7 femmes échappent

    Les raids barbaresques dépeuplent presque l'île. En 1617, une flotte algérienne emmène 668 personnes de Porto Santo (et 1 200 de Madère), ou 900 selon les récits ; les cloches sont emportées et les archives brûlées. Philippe II de Portugal ordonne le repeuplement et une fortification. Les matamorras, silos à grains enterrés, servent alors de cachettes.

  4. 1617

    Ce que firent les corsaires

    Tous les hommes pris furent tués, une grande partie des femmes enlevées

    L'isolement de l'île en faisait une cible facile pour les pirates algériens et les corsaires anglais et français. En 1617, ils tuèrent tous les hommes qu'ils purent prendre et enlevèrent une grande partie des femmes. C'est ce raid, plus que tout autre, qui a failli mettre fin au peuplement.

  5. 1713

    L'île faillit être abandonnée

    La Couronne maintient les habitants

    Isolement, aridité et raids mettent en cause la présence humaine ; la Couronne s'y oppose, tenant Porto Santo pour un point stratégique de la souveraineté portugaise.

XIXe siècle10
  1. XIXe

    Dix famines

    1802 · 1806 · 1815 · 1816 · 1823 · 1829 · 1832 · 1847 · 1850 · 1878

    Les sécheresses ruinent les céréales ; l'île ne dispose que des sources de Areia, du Tanque et de la Fontinha. Les secours en grains, à rembourser sur les récoltes suivantes, arrivent de Madère et de Lisbonne ; en 1878, des hommes partent chercher du travail à Machico. La population reste inférieure à la moitié de celle de Porto Moniz, la plus petite commune de Madère.

  2. XIXe

    Chaux et sel

    Carrières de l'Ilhéu de Baixo · salines de Serra de Fora (1890)

    L'extraction de la pierre à chaux, surtout sur l'Ilhéu de Baixo, occupe une part importante de la population active ; les marais salants de Serra de Fora, construits en 1890, ne donnent pas le rendement espéré. Les galeries de l'îlot se voient encore depuis la Calheta.

  3. 1835

    La commune

    Vila Baleira devient siège de concelho

    Une seule paroisse pour toute l'île ; fête municipale le 24 juin.

  4. 1850

    Six heures de visite princière

    Maximilien, duc de Leuchtenberg, petit-fils du roi de Bavière et de Joséphine

    Le prince Maximilien, duc de Leuchtenberg, petit-fils du roi de Bavière et de l'impératrice Joséphine de France, s'arrêta six heures à Porto Santo le 1er mars 1850. Il y distribua de généreuses aumônes, surtout des céréales et de l'argent, aux plus pauvres de l'île — dans un siècle marqué par dix périodes de famine.

  5. 1856

    Choléra

    56 habitants emportés en quelques jours

XXe siècle15
  1. 1920

    Reforestation

    António Schiappa de Azevedo boise le Pico do Castelo

    Arbres et matériaux montés à la main sur un pic dénudé ; une nouvelle campagne de conifères couvre le versant dans les années 1950. Son buste veille près du sommet.

  2. 1925

    La modernité arrive

    Première voiture 1925 · éclairage public 1931 · électricité 1954 · téléphone 1959

    L'électricité remplace les lampes à pétrole en 1954 ; la première liaison téléphonique avec Madère date du 27 août 1959.

  3. 1925

    La première voiture était un utilitaire

    Une fourgonnette commandée par la fabrique de chaux ; la première Ford deux ans plus tard

    Le premier automobile arrivé à Porto Santo, en 1925, était une fourgonnette de charge que la fabrique de chaux de la ville avait fait venir pour transporter sa matière première. Deux ans plus tard accostait la première voiture de tourisme, une Ford. Le premier cyclomoteur n'arriva qu'à la fin des années cinquante, apporté par un mécanicien employé sur le chantier de l'aéroport.

  4. 1929

    On cesse de porter les passagers à dos d'homme

    Le quai de 102 mètres, commencé le 19 mars 1929

    La construction du quai commença le 19 mars 1929 au centre de la ville : 102 mètres de long sur 4 de large, posés sur de robustes piliers également espacés. À partir de là, les passagers qui arrivaient à Porto Santo purent embarquer et débarquer par leurs propres moyens, au lieu d'être portés sur le dos ou dans les bras d'hommes robustes, comme on l'avait fait pendant des siècles.

  5. 1929

    La radio rompt l'isolement

    Une station radiotélégraphique d'appui et de contrôle naval

    Avant le téléphone, l'île disposait déjà d'une station radiotélégraphique d'appui et de contrôle naval, entrée en service en 1929 : c'est elle qui a sorti Porto Santo de l'isolement complet dans lequel il vivait jusque-là. La première liaison téléphonique avec Madère ne date que du 27 août 1959.

XXIe siècle et aujourd'hui21
  1. 2003

    Le nouveau Lobo Marinho

    Le ferry actuel fait son voyage inaugural : 112 m, 1 150 passagers, 145 voitures

    Construit à Viana do Castelo de 2001 à 2003, il porte le nom portugais du phoque moine. Il remplace le premier Lobo Marinho, qui avait ouvert la ligne en juin 1996.

  2. 2004

    Le golf

    Parcours de Severiano Ballesteros : 18 trous, 6 434 m

    Complété par un 9 trous par 3 ; le parcours accueille le Madeira Islands Open en 2009.

  3. 2008

    La mer des îlots devient réserve

    Le réseau d'aires marines protégées de Porto Santo est créé autour des six îlots

    Pêche commerciale et extraction de sable interdites, plongée et pêche à la ligne depuis la terre autorisées : la mer autour des îlots da Cal et de Cima est protégée, épaves comprises.

  4. 2009

    Le golf reçoit le Madeira Islands Open

    Le tournoi se joue sur le parcours dessiné par Severiano Ballesteros

    Ouvert en octobre 2004, le parcours de 18 trous (6 434 m) et son 9 trous par 3 accueillent l'Open cette année-là.

  5. 2010

    Les îlots rendus aux oiseaux

    Cinq ans de travaux (2010–2015) chassent lapins et souris des îlots de Cima et da Cal

    Agaves et tabac-arbre arrachés, les plantes recensées passent de 94 à 173 espèces et les escargots de 33 à 60. Puffins et pétrels nichent tranquilles.

Culture et traditions13

Un bal qu'on ne danse qu'ici, des chapeaux en feuille de palmier, des toits d'argile, des moulins et des fontaines où l'on refaisait le monde : la culture de l'île au quotidien.

  • Le Baile da Meia-Volta

    Une danse identitaire de Porto Santo

    Recueilli avec le baile do ladrão et le baile sério par le Grupo de Folclore do Porto Santo, fondé en 1963 par le père Martins Júnior et présenté pour la première fois le 1er novembre de la même année ; une quarantaine de danseurs de 12 à 60 ans en costumes de lin, d'étoupe et de laine de la fin du XIXe siècle.

  • Artisanat

    Chapeaux de palmito, vannerie de canne, coquillages, argile

    Les jeunes feuilles du palmier des Canaries, séchées et tressées, deviennent chapeaux et sacs ; paniers en cana-vieira ; bergers, moulins et figures de crèche en argile séchés au soleil ; lampes et cadres en coquillages ramassés sur la plage ; miniatures de chars à bœufs et de pressoirs. Autrefois, les femmes brodaient pour Madère et l'île fabriquait des tuiles marquées S.V.

  • Casas de salão

    Toits d'argile, cloisons de roseau, four et cheminée de pierre

    Maisons basses couvertes de « salão », argile sableuse qui laisse circuler l'air par ses fissures l'été et gonfle, imperméable, l'hiver ; cloisons de roseau garnies de paille ou de fougère, sol en terre battue, une pièce à vivre, une chambre et une cuisine. Une Casa de Salão se visite près de Farrobo.

  • Moulins de Portela

    Trois moulins requalifiés, inaugurés le 14 octobre 2023

    Le premier moulin de l'île daterait de 1794. Longtemps attendus, les trois moulins de la Portela ont retrouvé leur site d'origine ; le groupe folklorique a chanté à l'inauguration.

  • Le vin des sables

    Listrão et Caracol derrière les murs de croché

    Depuis la charte de 1770, la vigne pousse dans le sable ; les murets de pierre sèche empilée, dits de croché, lui donnent chaleur et abri. Pedro Dias est le premier vigneron certifié bio de l'île ; la Festa das Vindimas fête les cépages fin août.

  • Les fontanários, salons de l'île

    On y attendait l'eau deux à trois heures — le temps de parler et de broder

    Les fontanários de Porto Santo sont, dit la municipalité, le témoignage vivant de la culture de l'île : c'étaient les points de rencontre où l'on partageait histoires, chansons et nouvelles. Remplir deux bidons d'eau demandait souvent deux à trois heures ; les femmes en profitaient pour converser et broder, pendant que des hommes payés pour cela portaient l'eau jusqu'aux maisons, en bidons sur le dos, en cruches au cou ou en barriques.

Curiosités16

  • Vers 1370 — Avant les Portugais — L'île figure déjà sur l'Atlas Medicis

    La mairie rappelle qu'un atlas italien d'environ 1370 mentionne Porto Santo avant l'arrivée des navigateurs portugais.

  • 1418 — Découverte — João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira

    Partis reconnaître la côte marocaine pour l'infant Henri, les deux capitaines sont déportés par une tempête et trouvent refuge dans une baie abritée qu'ils baptisent Porto Santo, le « port saint ». Madère est atteinte l'année suivante, en 1419.

  • La légende des lapins — Une lapine pleine échappée au premier débarquement

    Une tradition ancienne attribue à Perestrelo la maigre végétation de l'île : une lapine ayant mis bas pendant la traversée aurait été relâchée et sa descendance aurait envahi Porto Santo en quelques années. Les encyclopédies précisent qu'aucune source contemporaine n'est citée pour ce récit.

  • 1478–1480 — Christophe Colomb — Épouse Filipa Moniz, fille de Perestrelo

    Marchand de sucre, Colomb fréquente l'archipel à partir de 1478 et épouse Filipa Moniz Perestrelo vers 1479. Le couple séjourne à Porto Santo, où la tradition situe la naissance de leur fils Diogo (v. 1479–1480) et la préparation de la traversée vers l'ouest. Colomb repasse par l'île en 1498, lors de son troisième voyage.

Lieux de mémoire14

Chapelles, musées, fort, four à chaux : les lieux où l'histoire se touche du doigt.

  • 🏛️ Culture

    Casa Museu Cristóvão Colombo

    La maison où, selon la tradition orale, vécut Christophe Colomb après son mariage avec Filipa Moniz : sur le mur nord s'ouvrent deux fenêtres à arc gothique du début du XVIe siècle ; l'ensemble actuel, Travessa da Sacristia, a été unifié par des travaux aux XVIIIe et XIXe siècles. Le musée a ouvert en 1989 et a été repensé en 2004 autour de l'expansion portugaise et espagnole, avec un espace consacré à l'empire colonial néerlandais et une partie du trésor du Slot ter Hooge, le vaisseau de la VOC naufragé au nord de l'île en 1724 ; on y voit aussi une croix processionnelle ibérique de la fin du XVe siècle et un pupitre de missel japonais du début du XVIIe. Colomb repassa par Porto Santo en 1498. Horaires : en semaine 10h–12h30 et 14h–17h30, dimanche 10h–13h, fermé le lundi et les jours fériés ; tarif sur place.

    Tarif sur place 1h
  • 🏛️ Culture

    Igreja Nossa Senhora da Piedade

    L'église mère de Porto Santo, sur le Largo do Pelourinho, à l'emplacement de la première chapelle de l'île. Bâtie entre 1430 et 1446 et érigée en paroisse en 1500, pillée et presque détruite par des corsaires français en 1566 puis incendiée à plusieurs reprises, elle a été entièrement reconstruite en 1667. La chapelle de la Morgada, gothique, côté sud, est le dernier vestige du XVe siècle. Façade sobre, nef unique et chœur sous un plafond de bois polychrome rocaille ; autels et tableaux de Martim Conrado et de Max Römer. Nossa Senhora da Piedade est la patronne de l'île, fêtée le dernier week-end d'août.

    Gratuit 30 min
  • 🏛️ Culture

    Largo do Pelourinho

    Le cœur de Vila Baleira est une place triangulaire plantée de palmiers, de bougainvillées et de dragonniers — l'arbre de Macaronésie dont la résine rouge, le « sang de dragon », servait aux teintures, aux vernis et aux remèdes. Elle relie l'ancienne mairie, dont une partie date du XVIe siècle, à l'église mère, bâtie sur la première chapelle de l'île (1420–1446). À deux pas, Rua Cristóvão Colombo, la petite chapelle maniériste de la Misericórdia (XVIe siècle) et, de l'autre côté, la nouvelle mairie et le Centro Cultural e de Congressos, où se tiennent les grands événements de la ville. Cafés en terrasse ; scènes du Festival Colombo en septembre.

    Gratuit 30 min