Colomb y a vécu, les pirates y sont passés, la neige y est tombée une fois : six siècles d'histoires à raconter, des chapelles aux moulins, du bal de l'île à ses fontaines.
69 moments
14 lieux de mémoire
🏛️Frise69
Découverte en 1418, peuplée dès les années 1420, ravagée par les corsaires, affamée par les sécheresses : Porto Santo a traversé six siècles d'isolement avant de devenir, en 2020, Réserve de biosphère. Une histoire en dates courtes.
60 dates, de la première carte au dernier hôtel : déroulez le fil.
XIVe – XVe siècles12▼
XIVe
L'île sur les portulans du XIVe siècle
Angelino Dulcert v. 1339 · Mediceo Laurenziano 1351 · Libro del conoscimiento v. 1385
Porto Santo et l'archipel de Madère étaient connus des navigateurs et des cartographes européens dès le milieu du XIVe siècle : ils figurent sur plusieurs portulans, ces cartes nautiques dessinées pour la navigation — la carte d'Angelino Dulcert vers 1339, le Portulano Mediceo Laurenziano de 1351, le Libro del conoscimiento vers 1385. L'île n'a donc pas été découverte au sens strict : elle a été peuplée.
·
Le premier peuplement sert d'essai
Les Portugais s'installent ici avant tout autre territoire d'outre-mer
Les Portugais furent les premiers à s'établir à Porto Santo, et ce peuplement — le premier d'une terre nouvelle — a servi de banc d'essai pour tous ceux qui suivirent. Le décret qui a élevé Vila Baleira au rang de ville en 1996 le formule ainsi : l'île fut « le premier découvrement portugais du XVe siècle », et donc « la première porte d'accès » de l'épopée maritime.
1370
Avant les Portugais
L'île figure déjà sur l'Atlas Medicis
La mairie rappelle qu'un atlas italien d'environ 1370 mentionne Porto Santo avant l'arrivée des navigateurs portugais.
1418
Découverte
João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira
Partis reconnaître la côte marocaine pour l'infant Henri, les deux capitaines sont déportés par une tempête et trouvent refuge dans une baie abritée qu'ils baptisent Porto Santo, le « port saint ». Madère est atteinte l'année suivante, en 1419.
1418
D'où vient le nom
Deux thèses : la tempête de Zarco, ou un abri trouvé au Moyen Âge tardif
Les érudits ne s'accordent pas. La version populaire veut que Zarco et ses compagnons aient nommé l'île en 1418 par gratitude, y ayant trouvé refuge dans une tempête. La version documentée place la scène au Moyen Âge tardif : un navire y aurait trouvé un port sûr après une tourmente, si bien que l'île s'appelait déjà Porto Santo avant l'arrivée des Portugais. Les deux thèses s'accordent sur l'événement — un abri providentiel — et divergent sur la date et sur la nationalité des marins.
1420
Premiers colons
La colonisation de l'archipel commence en 1425
Zarco, Teixeira et Bartolomeu Perestrelo s'installent avec leurs familles ; le peuplement, ordonné par le roi Jean Ier, se fait avec des gens de condition modeste. Les premiers Portugais arrivent à Porto Santo dans les années 1420.
1430
Première église
Nossa Senhora da Piedade, paroisse en 1500
Bâtie sur le site de la première chapelle de l'île, pillée et presque détruite par des corsaires français en 1566, incendiée à plusieurs reprises, elle est entièrement reconstruite en 1667. La chapelle gothique de la Morgada, côté sud, subsiste de l'édifice du XVe siècle.
1446
La capitainerie
Bartolomeu Perestrelo, premier capitaine-donataire
Par charte de donation de l'infant Henri, Perestrelo (v. 1394–1457), petit-fils d'un noble de Plaisance, reçoit l'île en fief héréditaire. La capitainerie passe à sa veuve Isabel Moniz, est vendue en 1458 à Pedro Correia da Cunha, récupérée en 1473 par Bartolomeu Perestrelo le Jeune, puis supprimée en 1770.
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La légende des lapins
Une lapine pleine échappée au premier débarquement
Une tradition ancienne attribue à Perestrelo la maigre végétation de l'île : une lapine ayant mis bas pendant la traversée aurait été relâchée et sa descendance aurait envahi Porto Santo en quelques années. Les encyclopédies précisent qu'aucune source contemporaine n'est citée pour ce récit.
1478
Christophe Colomb
Épouse Filipa Moniz, fille de Perestrelo
Marchand de sucre, Colomb fréquente l'archipel à partir de 1478 et épouse Filipa Moniz Perestrelo vers 1479. Le couple séjourne à Porto Santo, où la tradition situe la naissance de leur fils Diogo (v. 1479–1480) et la préparation de la traversée vers l'ouest. Colomb repasse par l'île en 1498, lors de son troisième voyage.
·
Casa Colombo
Deux fenêtres gothiques du début du XVIe siècle
La tradition orale fait de cette maison de la Travessa da Sacristia la demeure de Colomb ; l'ensemble actuel date des XVIIIe et XIXe siècles. Le musée a ouvert en 1989 et a été repensé en 2004 : expansion portugaise et espagnole, empire colonial néerlandais, trésor du Slot ter Hooge.
La tradition désigne la maison du centre de la ville, aujourd'hui musée, comme la résidence du navigateur génois après son mariage avec Filipa Moniz Perestrelo, célébré à Lisbonne entre 1479 et 1480. Filipa était la fille de Bartolomeu Perestrelo, d'ascendance italienne, premier capitaine-donataire de Porto Santo, et de son épouse Isabel de Moniz.
XVIe – XVIIIe siècles11▼
1533
Chapelle de la Graça
Fondée en 1533, refuge lors des raids
Isolée sur le versant du Pico do Castelo, détruite en 1812 et reconstruite au XXe siècle, elle garde une Vierge du XVIe siècle d'atelier flamand. Sa fête, le 15 août, est l'une des plus suivies de l'île.
1566
Corsaires français
L'église est pillée et presque détruite
La même année, Funchal est mis à sac pendant quinze jours par les Français de Peyrot de Monluc. Sur le Pico do Castelo, un fortin du XVIe siècle sert de refuge contre ces incursions ; sur le Pico do Facho, des feux avertissent de l'approche des navires.
1600
Corsaires algériens
1617 : entre 668 et 900 captifs, 18 hommes et 7 femmes échappent
Les raids barbaresques dépeuplent presque l'île. En 1617, une flotte algérienne emmène 668 personnes de Porto Santo (et 1 200 de Madère), ou 900 selon les récits ; les cloches sont emportées et les archives brûlées. Philippe II de Portugal ordonne le repeuplement et une fortification. Les matamorras, silos à grains enterrés, servent alors de cachettes.
1617
Ce que firent les corsaires
Tous les hommes pris furent tués, une grande partie des femmes enlevées
L'isolement de l'île en faisait une cible facile pour les pirates algériens et les corsaires anglais et français. En 1617, ils tuèrent tous les hommes qu'ils purent prendre et enlevèrent une grande partie des femmes. C'est ce raid, plus que tout autre, qui a failli mettre fin au peuplement.
1713
L'île faillit être abandonnée
La Couronne maintient les habitants
Isolement, aridité et raids mettent en cause la présence humaine ; la Couronne s'y oppose, tenant Porto Santo pour un point stratégique de la souveraineté portugaise.
1724
Le naufrage du Slot ter Hooge
Un navire de la VOC coule au nord de l'île avec son argent
Construit à Middelbourg en 1723, le vaisseau de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales fait naufrage à son premier voyage : 221 des 250 personnes à bord périssent. Dès 1725, le plongeur anglais John Lethbridge remonte une partie de l'or et de l'argent ; Robert Sténuit fouille l'épave dans les années 1970. Une partie du trésor est exposée à la Casa Colombo.
1770
La vigne sur le sable
Une charte royale de Joseph Ier relance l'agriculture
Des plants de vigne sont distribués pour les terrains sableux du centre de l'île, là où se trouve aujourd'hui l'aéroport ; dès 1779, vin et eau-de-vie de Porto Santo arrivent à Madère, où ce vin riche en sucre servait à adoucir les meilleurs madères. La même charte oblige à planter des arbres en bordure des champs et dans les lits des ruisseaux pour retenir l'eau de pluie.
·
Forte de São José
Défend l'ancrage de la ville
Élevé sous le gouvernement de Pombal, il abrite la Maison des Gouverneurs, loge les troupes britanniques lors des occupations de 1801 et 1807, devient prison puis, en 1921, poste de la Guarda Fiscal. Huit canons en fer provenant d'un galion britannique y sont exposés.
1770
Planter, et ne plus couper
Une charte royale oblige à planter ; peu après, couper un arbre, même sec, est interdit
La charte royale de Joseph Ier, d'octobre 1770, obligeait tous les cultivateurs de Porto Santo à planter des arbres aux limites de leurs terres et dans les ribeiros. Le manque de végétation était tel qu'on décréta peu après l'interdiction expresse d'abattre un arbre, fût-il déjà sec. C'est la même charte qui a relancé la vigne sur le sable.
·
La chaux et ses morts
Seize hommes ensevelis d'un coup dans une galerie de l'Ilhéu da Cal
L'Ilhéu da Cal culmine à 178 mètres et ses parois sont découpées ; l'extraction du calcaire y a causé plusieurs accidents. Le plus grave fit seize morts d'un coup, ensevelis à l'intérieur d'une galerie par un effondrement de roches.
Les sécheresses ruinent les céréales ; l'île ne dispose que des sources de Areia, du Tanque et de la Fontinha. Les secours en grains, à rembourser sur les récoltes suivantes, arrivent de Madère et de Lisbonne ; en 1878, des hommes partent chercher du travail à Machico. La population reste inférieure à la moitié de celle de Porto Moniz, la plus petite commune de Madère.
XIXe
Chaux et sel
Carrières de l'Ilhéu de Baixo · salines de Serra de Fora (1890)
L'extraction de la pierre à chaux, surtout sur l'Ilhéu de Baixo, occupe une part importante de la population active ; les marais salants de Serra de Fora, construits en 1890, ne donnent pas le rendement espéré. Les galeries de l'îlot se voient encore depuis la Calheta.
1835
La commune
Vila Baleira devient siège de concelho
Une seule paroisse pour toute l'île ; fête municipale le 24 juin.
1850
Six heures de visite princière
Maximilien, duc de Leuchtenberg, petit-fils du roi de Bavière et de Joséphine
Le prince Maximilien, duc de Leuchtenberg, petit-fils du roi de Bavière et de l'impératrice Joséphine de France, s'arrêta six heures à Porto Santo le 1er mars 1850. Il y distribua de généreuses aumônes, surtout des céréales et de l'argent, aux plus pauvres de l'île — dans un siècle marqué par dix périodes de famine.
1856
Choléra
56 habitants emportés en quelques jours
1860
De la neige, et des sorbets
Assez de neige pour que beaucoup en stockent et en fassent des glaces
Il a neigé sur l'île pour la première et unique fois le 4 février 1860, laissant monts et vallées couverts de blanc. Il en tomba en telle quantité que beaucoup en stockèrent, et allèrent jusqu'à en faire des sorbets.
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Une reine contre le luxe
Marie Ire impose un habit fait de produits de l'île
La reine Marie Ire imposa, par mesure d'économie, un vêtement fabriqué à partir des produits de l'île, pour combattre le luxe excessif et la morgue de la noblesse dont s'enorgueillissaient les habitants — au détriment, écrivait le père Eduardo Pereira, de la vie et de l'économie de Porto Santo.
·
Vingt-cinq têtes de moineau par famille
Un règlement municipal obligeait chaque chef de famille à les fournir en juin
Parmi les anciennes postures municipales destinées à détruire l'espèce du moineau, celle de Porto Santo était particulièrement curieuse : elle obligeait chaque chef de famille à présenter vingt-cinq têtes de moineau au cours du mois de juin de chaque année.
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Une usine d'eau minérale
La première et la seule de l'île, née de l'analyse parisienne de 1893
L'analyse des eaux de la Fontinha, faite à Paris le 7 janvier 1893, les déclara bicarbonatées, chlorurées et sulfatées sodiques, et donc recommandées pour les maladies de peau et de l'appareil digestif. Quelques années plus tard naissait la première et unique usine d'eau minérale de l'île. En 1918, l'« Água Mineral do Porto Santo » remporta une médaille d'or à l'exposition internationale des eaux minérales de Rio de Janeiro.
1893
Les eaux de la Fontinha
Analysées à Paris, médaille d'or à Rio en 1918
L'École des mines de Paris classe la source de la Fontinha parmi les eaux bicarbonatées et sulfato-sodiques ; elle est primée à l'exposition internationale des eaux minérales de Rio de Janeiro.
XXe siècle15▼
1920
Reforestation
António Schiappa de Azevedo boise le Pico do Castelo
Arbres et matériaux montés à la main sur un pic dénudé ; une nouvelle campagne de conifères couvre le versant dans les années 1950. Son buste veille près du sommet.
1925
La modernité arrive
Première voiture 1925 · éclairage public 1931 · électricité 1954 · téléphone 1959
L'électricité remplace les lampes à pétrole en 1954 ; la première liaison téléphonique avec Madère date du 27 août 1959.
1925
La première voiture était un utilitaire
Une fourgonnette commandée par la fabrique de chaux ; la première Ford deux ans plus tard
Le premier automobile arrivé à Porto Santo, en 1925, était une fourgonnette de charge que la fabrique de chaux de la ville avait fait venir pour transporter sa matière première. Deux ans plus tard accostait la première voiture de tourisme, une Ford. Le premier cyclomoteur n'arriva qu'à la fin des années cinquante, apporté par un mécanicien employé sur le chantier de l'aéroport.
1929
On cesse de porter les passagers à dos d'homme
Le quai de 102 mètres, commencé le 19 mars 1929
La construction du quai commença le 19 mars 1929 au centre de la ville : 102 mètres de long sur 4 de large, posés sur de robustes piliers également espacés. À partir de là, les passagers qui arrivaient à Porto Santo purent embarquer et débarquer par leurs propres moyens, au lieu d'être portés sur le dos ou dans les bras d'hommes robustes, comme on l'avait fait pendant des siècles.
1929
La radio rompt l'isolement
Une station radiotélégraphique d'appui et de contrôle naval
Avant le téléphone, l'île disposait déjà d'une station radiotélégraphique d'appui et de contrôle naval, entrée en service en 1929 : c'est elle qui a sorti Porto Santo de l'isolement complet dans lequel il vivait jusque-là. La première liaison téléphonique avec Madère ne date que du 27 août 1959.
·
La fabrique de conserves
Thon, bonite, sardine et maquereau en boîtes d'un à dix kilos
La fabrique de conserves de Porto Santo exportait le thon, le gaiado (la bonite), la sardine et le maquereau en boîtes d'un à dix kilogrammes. Les espèces plus petites, comme la ruama, servaient à faire de la farine de poisson. C'était, avec la chaux, l'une des rares industries de l'île.
1957
Un buste au sommet
Celui de António Schiappa de Azevedo, sur le Pico do Castelo qu'il avait boisé
Le 12 juillet 1957, le buste d'António Schiappa de Azevedo fut placé au sommet du Pico do Castelo. Régent forestier, il avait conçu et conduit le boisement de ce pic à partir de 1921 — l'opération qui a rendu au nord de l'île sa couverture d'arbres.
1960
L'aéroport
Inauguré après un premier vol d'essai le 20 juillet 1960
Piste 18/36 de 3 006 m en béton, code PXO, gérée par ANA. Le même jour est inauguré le Padrão dos Descobrimentos d'António Aragão, que les habitants surnomment « Pau de Sabão ». Liaisons régulières avec Funchal et Lisbonne ; 175 316 passagers en 2017, 128 580 en 2021.
1960
Un quartier neuf pour faire place à la piste
Le Dragoal Novo, construit pour reloger les habitants du site
L'aéroport de Porto Santo, inauguré le 28 août 1960, fut le premier de l'archipel — un avion s'y était posé un mois plus tôt, le 20 juillet, lors d'un vol expérimental. La population qui habitait l'emplacement dut être transférée dans un quartier construit spécialement pour elle, le Dragoal Novo.
1974
Le Pirata Azul
37,69 m · 180 passagers · 20 nœuds · construit en Allemagne en 1969
Vingt-deux ans avant le Lobo Marinho, le navire « Pirata Azul » a fait son voyage inaugural entre Madère et Porto Santo le 19 mai 1974. Construit en Allemagne en 1969, il mesure 37,69 mètres, emporte 180 passagers et file 20 nœuds — et il navigue toujours.
1980
L'eau vient de la mer
Première usine de dessalement d'Europe
À son ouverture, la centrale par osmose inverse de Vila Baleira est l'une des cinq unités industrielles de ce type au monde et la première sur le sol européen. Aujourd'hui, toute l'eau potable de l'île vient de la mer, captée par quatre galeries sous la plage, puis traitée et minéralisée (opérateur ARM).
1989
Trois âges du musée
Créé, restructuré, puis agrandi
La Casa Colombo – Museu do Porto Santo est née en 1989. Elle a été entièrement restructurée en 2004 autour d'un thème nouveau : la position géographique et stratégique de l'île dans l'ouverture du Portugal au monde. En 2023, des travaux de fond l'ont agrandie. Son nom complet dit ce qu'elle est devenue : Museu do Porto Santo e dos Descobrimentos Portugueses.
1996
Le ferry
Porto Santo Line inaugure la ligne avec le Lobo Marinho I
Concession remportée en octobre 1995. Le Lobo Marinho actuel, construit à Viana do Castelo de 2001 à 2003 pour 34,5 millions d'euros, fait son voyage inaugural le 4 juin 2003 : 112 m, 1 150 passagers, 145 voitures. Son nom est celui du phoque moine.
1996
Vila Baleira devient ville
Decreto Legislativo Regional n.º 18/96/M
Approuvé par l'Assemblée législative régionale le 28 juin 1996, signé le 16 juillet et publié le 6 août.
2000
Un cargo devient récif
Le Madeirense, ancien bananier de 1962, est sabordé dans la réserve marine
Construit pour porter les bananes de Madère vers le continent, puis affecté à la liaison Funchal–Porto Santo, le Madeirense repose aujourd'hui par 30 m de fond : mérous, sars et carangues ont pris possession de l'épave, l'une des plus belles plongées de l'île.
XXIe siècle et aujourd'hui21▼
2003
Le nouveau Lobo Marinho
Le ferry actuel fait son voyage inaugural : 112 m, 1 150 passagers, 145 voitures
Construit à Viana do Castelo de 2001 à 2003, il porte le nom portugais du phoque moine. Il remplace le premier Lobo Marinho, qui avait ouvert la ligne en juin 1996.
2004
Le golf
Parcours de Severiano Ballesteros : 18 trous, 6 434 m
Complété par un 9 trous par 3 ; le parcours accueille le Madeira Islands Open en 2009.
2008
La mer des îlots devient réserve
Le réseau d'aires marines protégées de Porto Santo est créé autour des six îlots
Pêche commerciale et extraction de sable interdites, plongée et pêche à la ligne depuis la terre autorisées : la mer autour des îlots da Cal et de Cima est protégée, épaves comprises.
2009
Le golf reçoit le Madeira Islands Open
Le tournoi se joue sur le parcours dessiné par Severiano Ballesteros
Ouvert en octobre 2004, le parcours de 18 trous (6 434 m) et son 9 trous par 3 accueillent l'Open cette année-là.
2010
Les îlots rendus aux oiseaux
Cinq ans de travaux (2010–2015) chassent lapins et souris des îlots de Cima et da Cal
Agaves et tabac-arbre arrachés, les plantes recensées passent de 94 à 173 espèces et les escargots de 33 à 60. Puffins et pétrels nichent tranquilles.
2012
Une des 7 Merveilles du Portugal
La plage de Porto Santo est élue dans la catégorie « plages de dunes »
La commune y voit la reconnaissance des vertus du sable autant que de la beauté de l'île.
2016
Une corvette coulée exprès
La General Pereira d'Eça, 85 m, est sabordée dans la baie pour devenir un musée sous-marin
Construite à Hambourg en 1970, dépolluée puis coulée à l'explosif à deux milles du Madeirense, elle repose entre 15 et 30 m de fond, à portée des plongeurs.
2018
Six cents ans
L'île fête les 600 ans de sa découverte, en présence du président de la République
Messe, sculpture de l'Infant par Francisco Franco, exposition de photos et déjeuner ouvert à toute la population.
2020
Réserve de biosphère UNESCO
27 310 ha : 5 060 terrestres et 22 251 marins
Inscrite en 2020, la réserve couvre l'île, ses six îlots et le plateau insulaire jusqu'à l'isobathe de 100 m. Plus de 1 600 taxons terrestres ; parmi quelque 536 taxons identifiés, 15 sont exclusifs à Porto Santo, 28 endémiques de Madère et 26 de Macaronésie.
2020
Le cordon dunaire restauré
Chantier de janvier 2020 à septembre 2025, à la Ponta et à la Calheta
Financé par les EEA Grants et coordonné par le secrétariat régional de l'Environnement, le projet a reconstruit le cordon dunaire au sud-ouest de l'île : replantation d'espèces indigènes et arrachage des envahissantes. Partenaires : AIDGLOBAL, ARM, la municipalité et ARDITI, avec l'appui du WWF Norvège.
2020
Chasse au plastique
« Porto Santo sem Lixo Marinho » : l'île part en guerre contre les déchets en mer
Financé par les EEA Grants avec l'appui du WWF Norvège, le projet réunit la commune, AIDGLOBAL, l'ARM et l'ARDITI. Deux mascottes, João et Tristão, portent la campagne auprès des habitants et des visiteurs.
2022
Meilleure plage d'Europe
Première des « Best Beaches in Europe », un an après le titre de plage la plus sûre d'Europe
Un classement européen, deux titres en deux ans : la plus sûre en 2021, la meilleure en 2022.
2023
Les moulins de la Portela
Trois moulins inaugurés au-dessus de Vila Baleira
Les trois moulins de la Portela, symboles de l'île, ont été inaugurés en 2023 après leur remise en état par la municipalité.
2023
Le kartódromo
La piste de karting ouvre avant Pâques 2023
La piste de karting de Porto Santo a ouvert avant Pâques 2023. Elle accueille aujourd'hui aussi des soirées.
2024
Les bus SIGA
Le réseau régional dessert l'île depuis juillet 2024
Les lignes SIGA relient Vila Baleira au reste de l'île, la Calheta comprise, depuis juillet 2024.
2024
Europe's Leading Beach Destination
Porto Santo remporte le World Travel Award de la meilleure destination balnéaire d'Europe
Au gala de Berlin, l'île l'emporte devant l'Algarve, Cannes, Corfou, Majorque, Marbella et la Sardaigne.
2025
Un hôtel de luxe et de bien-être
Le Legacy Ithos ouvre au Cabeço da Ponta : 28 chambres et un spa marin
Né de la reconstruction de l'ancien centre de thalassothérapie, pour les 25 ans du groupe Vila Baleira ; un investissement de 13 millions d'euros.
2026
Les sentiers sur réservation
Créneaux de 30 minutes sur SIMplifica, 4,50 €
Depuis le 1er janvier 2026, l'accès aux trois sentiers classés PS PR se réserve par créneaux de 30 minutes sur SIMplifica : 4,50 €, gratuit pour les résidents et les enfants jusqu'à 12 ans.
2026
Trois Pavillons Bleus
Fontinha, Ribeiro Salgado et Cabeço da Ponta
Trois secteurs de la grande plage portent le Pavillon Bleu en 2026, et ce sont aussi les seuls où des nageurs-sauveteurs sont garantis. Eaux de baignade identifiées par la Portaria 204-A/2026/1.
2026
La ville a trente ans
Vila Baleira fête le 30e anniversaire de son élévation au rang de ville
Le Dia da Cidade, chaque 7 août, rappelle le décret de 1996.
…
Aujourd'hui
Environ 5 150 habitants (2021) · le tourisme, premier secteur
5 483 habitants en 2011 ; 5 149 au recensement de 2021. Patronne : Nossa Senhora da Piedade. La majorité des actifs travaille dans les services, surtout le tourisme.
🎭Culture et traditions13
Un bal qu'on ne danse qu'ici, des chapeaux en feuille de palmier, des toits d'argile, des moulins et des fontaines où l'on refaisait le monde : la culture de l'île au quotidien.
Le Baile da Meia-Volta
Une danse identitaire de Porto Santo
Recueilli avec le baile do ladrão et le baile sério par le Grupo de Folclore do Porto Santo, fondé en 1963 par le père Martins Júnior et présenté pour la première fois le 1er novembre de la même année ; une quarantaine de danseurs de 12 à 60 ans en costumes de lin, d'étoupe et de laine de la fin du XIXe siècle.
Artisanat
Chapeaux de palmito, vannerie de canne, coquillages, argile
Les jeunes feuilles du palmier des Canaries, séchées et tressées, deviennent chapeaux et sacs ; paniers en cana-vieira ; bergers, moulins et figures de crèche en argile séchés au soleil ; lampes et cadres en coquillages ramassés sur la plage ; miniatures de chars à bœufs et de pressoirs. Autrefois, les femmes brodaient pour Madère et l'île fabriquait des tuiles marquées S.V.
Casas de salão
Toits d'argile, cloisons de roseau, four et cheminée de pierre
Maisons basses couvertes de « salão », argile sableuse qui laisse circuler l'air par ses fissures l'été et gonfle, imperméable, l'hiver ; cloisons de roseau garnies de paille ou de fougère, sol en terre battue, une pièce à vivre, une chambre et une cuisine. Une Casa de Salão se visite près de Farrobo.
Moulins de Portela
Trois moulins requalifiés, inaugurés le 14 octobre 2023
Le premier moulin de l'île daterait de 1794. Longtemps attendus, les trois moulins de la Portela ont retrouvé leur site d'origine ; le groupe folklorique a chanté à l'inauguration.
Le vin des sables
Listrão et Caracol derrière les murs de croché
Depuis la charte de 1770, la vigne pousse dans le sable ; les murets de pierre sèche empilée, dits de croché, lui donnent chaleur et abri. Pedro Dias est le premier vigneron certifié bio de l'île ; la Festa das Vindimas fête les cépages fin août.
Les fontanários, salons de l'île
On y attendait l'eau deux à trois heures — le temps de parler et de broder
Les fontanários de Porto Santo sont, dit la municipalité, le témoignage vivant de la culture de l'île : c'étaient les points de rencontre où l'on partageait histoires, chansons et nouvelles. Remplir deux bidons d'eau demandait souvent deux à trois heures ; les femmes en profitaient pour converser et broder, pendant que des hommes payés pour cela portaient l'eau jusqu'aux maisons, en bidons sur le dos, en cruches au cou ou en barriques.
Les marques de canteiro
Des symboles gravés, parce que le travail était payé à la pièce
Le plafond du fontanário da Fontinha, en pierre de Porto Santo, porte les marques des canteiros — les tailleurs de pierre. Chacun gravait son symbole sur les pièces qu'il avait taillées : le travail était payé à la pièce et la plupart d'entre eux ne savaient ni lire ni écrire.
« Canção da Terra », 1938
Le film de Jorge Brum do Canto, tourné ici, raconte la lutte pour l'eau
Un fontanário du centre-ville porte le nom de « Canção da Terra », en hommage à Jorge Brum do Canto et à son film de 1938, dont l'action se déroule à Porto Santo et qui raconte l'histoire d'un peuple et de sa lutte pour l'eau qui lui manquait. Le fontanário lui-même vient du sítio das Matas : il a été déplacé au centre de la ville pour mettre ce patrimoine en valeur.
Teodorico, 1964
Un fontanário nommé d'après le fondateur d'un des premiers restaurants
Le fontanário de la Serra de Fora porte le nom de João Teodorico Câmara, fondateur de l'un des tout premiers restaurants de Porto Santo, ouvert en 1964. Le nom a traversé les décennies : c'est encore celui du restaurant de montagne le plus connu de l'île.
Deux itinéraires culturels balisés
« Rota do Património ao Centro Histórico » et « Roteiro Cultural — Património Religioso »
La municipalité publie deux itinéraires culturels avec leurs cartes : la Rota do Património, qui mène au centre historique, et le Roteiro Cultural du patrimoine religieux, qui relie les chapelles et l'église paroissiale. Les deux sont disponibles en portugais et en anglais sur le site de la mairie.
Deux phares
Ilhéu de Cima (1900–1901) · Ilhéu de Ferro (1er octobre 1959)
Le phare de Cima, premier repère des navires venus d'Europe, fut modernisé en 1925 pour loger cinq familles de gardiens. Celui de Ferro, d'abord au gaz acétylène et monté avec l'aide du dragueur de mines Santa Maria, exigea 278 marches ; il est passé à l'énergie solaire.
L'industrie de la chaux
Ilhéu da Cal : de 1600 (premier document) aux années 1970
L'une des rares exploitations minières de l'archipel. En 1900, 41 hommes et 6 garçons y travaillaient — l'un des métiers les mieux payés de l'île ; on y dormait dans des maisons dont les ruines subsistent. Seize ouvriers moururent faute de matériel de sécurité. Le ciment a mis fin à l'extraction.
Une tradition sur l'îlot
Le 10 juin, enseignants et fonctionnaires passent la journée à l'Ilhéu de Cima
Tout est parti d'une procession en bateau vers le phare, le jour de la Saint-Jean 1925 ; les visites estivales sont devenues une habitude. Un programme d'éducation environnementale de l'IFCN ouvre aussi l'îlot aux groupes scolaires.
💡Curiosités16
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Vers 1370 — Avant les Portugais — L'île figure déjà sur l'Atlas Medicis
La mairie rappelle qu'un atlas italien d'environ 1370 mentionne Porto Santo avant l'arrivée des navigateurs portugais.
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1418 — Découverte — João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira
Partis reconnaître la côte marocaine pour l'infant Henri, les deux capitaines sont déportés par une tempête et trouvent refuge dans une baie abritée qu'ils baptisent Porto Santo, le « port saint ». Madère est atteinte l'année suivante, en 1419.
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La légende des lapins — Une lapine pleine échappée au premier débarquement
Une tradition ancienne attribue à Perestrelo la maigre végétation de l'île : une lapine ayant mis bas pendant la traversée aurait été relâchée et sa descendance aurait envahi Porto Santo en quelques années. Les encyclopédies précisent qu'aucune source contemporaine n'est citée pour ce récit.
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1478–1480 — Christophe Colomb — Épouse Filipa Moniz, fille de Perestrelo
Marchand de sucre, Colomb fréquente l'archipel à partir de 1478 et épouse Filipa Moniz Perestrelo vers 1479. Le couple séjourne à Porto Santo, où la tradition situe la naissance de leur fils Diogo (v. 1479–1480) et la préparation de la traversée vers l'ouest. Colomb repasse par l'île en 1498, lors de son troisième voyage.
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Casa Colombo — Deux fenêtres gothiques du début du XVIe siècle
La tradition orale fait de cette maison de la Travessa da Sacristia la demeure de Colomb ; l'ensemble actuel date des XVIIIe et XIXe siècles. Le musée a ouvert en 1989 et a été repensé en 2004 : expansion portugaise et espagnole, empire colonial néerlandais, trésor du Slot ter Hooge.
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1533 — Chapelle de la Graça — Fondée en 1533, refuge lors des raids
Isolée sur le versant du Pico do Castelo, détruite en 1812 et reconstruite au XXe siècle, elle garde une Vierge du XVIe siècle d'atelier flamand. Sa fête, le 15 août, est l'une des plus suivies de l'île.
1566 — Corsaires français — L'église est pillée et presque détruite
La même année, Funchal est mis à sac pendant quinze jours par les Français de Peyrot de Monluc. Sur le Pico do Castelo, un fortin du XVIe siècle sert de refuge contre ces incursions ; sur le Pico do Facho, des feux avertissent de l'approche des navires.
1713 — L'île faillit être abandonnée — La Couronne maintient les habitants
Isolement, aridité et raids mettent en cause la présence humaine ; la Couronne s'y oppose, tenant Porto Santo pour un point stratégique de la souveraineté portugaise.
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13 octobre 1770 — La vigne sur le sable — Une charte royale de Joseph Ier relance l'agriculture
Des plants de vigne sont distribués pour les terrains sableux du centre de l'île, là où se trouve aujourd'hui l'aéroport ; dès 1779, vin et eau-de-vie de Porto Santo arrivent à Madère, où ce vin riche en sucre servait à adoucir les meilleurs madères. La même charte oblige à planter des arbres en bordure des champs et dans les lits des ruisseaux pour retenir l'eau de pluie.
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7 janvier 1893 — Les eaux de la Fontinha — Analysées à Paris, médaille d'or à Rio en 1918
L'École des mines de Paris classe la source de la Fontinha parmi les eaux bicarbonatées et sulfato-sodiques ; elle est primée à l'exposition internationale des eaux minérales de Rio de Janeiro.
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Années 1920 — Reforestation — António Schiappa de Azevedo boise le Pico do Castelo
Arbres et matériaux montés à la main sur un pic dénudé ; une nouvelle campagne de conifères couvre le versant dans les années 1950. Son buste veille près du sommet.
1980 — L'eau vient de la mer — Première usine de dessalement d'Europe
À son ouverture, la centrale par osmose inverse de Vila Baleira est l'une des cinq unités industrielles de ce type au monde et la première sur le sol européen. Aujourd'hui, toute l'eau potable de l'île vient de la mer, captée par quatre galeries sous la plage, puis traitée et minéralisée (opérateur ARM).
Une reine contre le luxe — Marie Ire impose un habit fait de produits de l'île
La reine Marie Ire imposa, par mesure d'économie, un vêtement fabriqué à partir des produits de l'île, pour combattre le luxe excessif et la morgue de la noblesse dont s'enorgueillissaient les habitants — au détriment, écrivait le père Eduardo Pereira, de la vie et de l'économie de Porto Santo.
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1929 — On cesse de porter les passagers à dos d'homme — Le quai de 102 mètres, commencé le 19 mars 1929
La construction du quai commença le 19 mars 1929 au centre de la ville : 102 mètres de long sur 4 de large, posés sur de robustes piliers également espacés. À partir de là, les passagers qui arrivaient à Porto Santo purent embarquer et débarquer par leurs propres moyens, au lieu d'être portés sur le dos ou dans les bras d'hommes robustes, comme on l'avait fait pendant des siècles.
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Le Baile da Meia-Volta — Une danse identitaire de Porto Santo
Recueilli avec le baile do ladrão et le baile sério par le Grupo de Folclore do Porto Santo, fondé en 1963 par le père Martins Júnior et présenté pour la première fois le 1er novembre de la même année ; une quarantaine de danseurs de 12 à 60 ans en costumes de lin, d'étoupe et de laine de la fin du XIXe siècle.
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Moulins de Portela — Trois moulins requalifiés, inaugurés le 14 octobre 2023
Le premier moulin de l'île daterait de 1794. Longtemps attendus, les trois moulins de la Portela ont retrouvé leur site d'origine ; le groupe folklorique a chanté à l'inauguration.
⛪Lieux de mémoire14
Chapelles, musées, fort, four à chaux : les lieux où l'histoire se touche du doigt.
La maison où, selon la tradition orale, vécut Christophe Colomb après son mariage avec Filipa Moniz : sur le mur nord s'ouvrent deux fenêtres à arc gothique du début du XVIe siècle ; l'ensemble actuel, Travessa da Sacristia, a été unifié par des travaux aux XVIIIe et XIXe siècles. Le musée a ouvert en 1989 et a été repensé en 2004 autour de l'expansion portugaise et espagnole, avec un espace consacré à l'empire colonial néerlandais et une partie du trésor du Slot ter Hooge, le vaisseau de la VOC naufragé au nord de l'île en 1724 ; on y voit aussi une croix processionnelle ibérique de la fin du XVe siècle et un pupitre de missel japonais du début du XVIIe. Colomb repassa par Porto Santo en 1498. Horaires : en semaine 10h–12h30 et 14h–17h30, dimanche 10h–13h, fermé le lundi et les jours fériés ; tarif sur place.
L'église mère de Porto Santo, sur le Largo do Pelourinho, à l'emplacement de la première chapelle de l'île. Bâtie entre 1430 et 1446 et érigée en paroisse en 1500, pillée et presque détruite par des corsaires français en 1566 puis incendiée à plusieurs reprises, elle a été entièrement reconstruite en 1667. La chapelle de la Morgada, gothique, côté sud, est le dernier vestige du XVe siècle. Façade sobre, nef unique et chœur sous un plafond de bois polychrome rocaille ; autels et tableaux de Martim Conrado et de Max Römer. Nossa Senhora da Piedade est la patronne de l'île, fêtée le dernier week-end d'août.
Le cœur de Vila Baleira est une place triangulaire plantée de palmiers, de bougainvillées et de dragonniers — l'arbre de Macaronésie dont la résine rouge, le « sang de dragon », servait aux teintures, aux vernis et aux remèdes. Elle relie l'ancienne mairie, dont une partie date du XVIe siècle, à l'église mère, bâtie sur la première chapelle de l'île (1420–1446). À deux pas, Rua Cristóvão Colombo, la petite chapelle maniériste de la Misericórdia (XVIe siècle) et, de l'autre côté, la nouvelle mairie et le Centro Cultural e de Congressos, où se tiennent les grands événements de la ville. Cafés en terrasse ; scènes du Festival Colombo en septembre.
Buste de Christophe Colomb par le sculpteur madérien Ricardo Veloza (1989), dans le jardin de l'avenue Infante D. Henrique, au cœur de Vila Baleira. Colomb épousa Filipa Moniz, fille du premier capitaine-donataire Bartolomeu Perestrelo, en 1479 ou 1480, à Lisbonne ; il aurait séjourné dans l'archipel entre 1480 et 1482 et revint à Porto Santo en 1498, lors de son troisième voyage vers l'Amérique. Tout près, le Padrão dos Descobrimentos d'António Aragão, tour de sections basaltiques inaugurée le 28 août 1960 et surnommée « Pau de Sabão », marque le début de la promenade.
Chapelle isolée sur le versant du Pico do Castelo, que l'on atteint par un escalier depuis le lieu-dit Casinhas, près du miradouro da Portela. Fondée en 1533, détruite en 1812 et longtemps en ruines, elle a été reconstruite par les habitants avec des matériaux venus de Serra de Fora ; elle abrite une Vierge du XVIe siècle d'atelier flamand et servit souvent de refuge lors des raids de pirates. Sa fête, du 14 au 16 août, est l'une des plus suivies de l'île : messe le 15 août, puis arraial avec musique, nourriture et boissons. C'est aussi le terme praticable du sentier PS PR3.
Sur les pentes du Pico de Ana Ferreira, à Campo de Baixo. Bâtie au XVIIe siècle et remaniée au XVIIIe, elle mêle baroque et maniérisme : retable de bois doré, voûte peinte du chœur, trois statues du XVIIIe siècle (saint Pierre, saint François-Xavier, saint Antoine) et un bénitier de pierre orné de coquillages de l'île. Sur le parvis pavé de galets, une caravelle rappelle le patron des marins. Le 29 juin, la procession de São Pedro part de la plage du Ribeiro Salgado jusqu'ici, suivie de l'enchère du poisson offert par les pêcheurs. Un sentier part de ses pentes vers les colonnes du Pico de Ana Ferreira.
À Campo de Baixo, au bord de la route régionale. Fondée au XVIIe siècle et reconstruite au premier quart du XIXe, cette chapelle maniériste à clocher, nef unique et chœur plus étroit abrite des peintures flamandes du XVIe siècle représentant la Cène. Fin juillet – début août, la fête de l'Espírito Santo bénit le pain avec le drapeau du Saint-Esprit avant de le distribuer à la population.
Un ex-libris du patrimoine de Porto Santo : une maison basse, d'apparence modeste, dont le toit est couvert de « salão », l'argile sableuse des collines de Serra de Dentro. L'été, la sécheresse fissure le salão et l'air circule ; l'hiver, l'argile absorbe la pluie, gonfle et devient imperméable. À l'intérieur, une pièce à vivre, une chambre et une cuisine avec four et cheminée de pierre ; cloisons de roseau garnies de paille, de fougère ou de petites pierres, puis enduites de chaux, sol en terre battue.
Monument de l'Alameda do Infante, près du vieux quai, là où commence la Promenade. Une tour faite de sections carrées de basalte, dont les faces portent des reliefs consacrés aux hommes et aux épisodes de l'expansion maritime portugaise, l'Infant Dom Henri en tête. L'œuvre est signée du sculpteur António Aragão et a été inaugurée le 28 août 1960. Les habitants l'appellent le « Pau de Sabão », le bâton de savon, à cause de sa forme.
La jetée historique de Vila Baleira, commencée le 19 mars 1929 : 102 m de long sur 8 de large, posée sur des piliers équidistants. Avant elle, passagers et marchandises étaient portés à terre à dos d'homme depuis les barques. Aujourd'hui monument et lieu de loisir, elle est le plongeoir favori de la plage et le point de départ de la promenade du front de mer, près du Padrão dos Descobrimentos inauguré le 28 août 1960. Réhabilitée au second semestre 2017 pour 76 000 €. À son pied commence la plage de la Fontinha, longue de 720 m.
Les trois moulins à vent de la Portela, emblèmes de l'île, ont été requalifiés et inaugurés le 14 octobre 2023 sur leur site d'origine, au son du Grupo de Folclore do Porto Santo. Le premier moulin de l'île daterait de 1794 ; avec les calçadas de basalte, les fontaines, les puits et les noras, les moulins forment l'architecture vernaculaire d'une île qui devait tirer parti du vent et de chaque goutte d'eau. De la Portela, la vue embrasse toute la côte sud : Vila Baleira, la plage, le Porto de Abrigo et l'Ilhéu de Cima.
Le fortin qui gardait le mouillage de la ville, construit à l'époque pombaline pour protéger Vila Baleira des corsaires qui l'avaient plusieurs fois pillée. Il a servi de Casa dos Governadores, de caserne aux troupes britanniques en 1801 et 1807, de prison, puis de poste de la Guarda Fiscal à partir de 1921. Huit canons de fer, provenant d'un galion britannique, y sont conservés.
Four à chaux conservé derrière la plage, témoin de l'industrie qui a fait vivre l'île pendant des siècles : la pierre calcaire était extraite dans les galeries de l'Ilhéu da Cal — d'où le nom de l'îlot — puis cuite ici. Cette activité, attestée dès 1600, a duré jusqu'aux années 1970.
Musée ethnographique installé à Camacha, ouvert en 2006, consacré à la vie rurale de Porto Santo : outils agricoles, objets domestiques et savoir-faire d'une île qui a vécu de la terre et de la mer avant le tourisme.